Le secteur de la production cinématographique nationale au Maroc connaît aujourd’hui une profonde mutation dans sa manière d’appréhender le soutien public, après l’orientation prise par l’Etat visant à conditionner davantage l’accès aux mécanismes d’aide au renforcement de la présence des techniciens et stagiaires marocains au sein des projets cinématographiques nationaux. Une démarche qui vise à valoriser les compétences locales et à redonner toute sa place à la dimension technique dans l’industrie cinématographique.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la loi n°18.23 relative à l’industrie cinématographique et à la réorganisation du Centre cinématographique marocain, laquelle a instauré un nouveau cadre juridique destiné à moderniser le secteur et à restructurer ses mécanismes de fonctionnement. Cette réforme a été consolidée par les textes réglementaires qui l’accompagnent, notamment l’arrêté du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication n°2195.25, introduisant de nouvelles dispositions imposant des quotas précis de techniciens et de stagiaires marocains dans les films bénéficiant du soutien public.
Selon l’annexe publiée au Bulletin officiel, les productions nationales soutenues sont désormais tenues de respecter des seuils minimums de techniciens marocains dans plusieurs spécialités techniques, notamment 60 % dans les domaines de la direction de production, de l’image, du son, de l’éclairage et des équipements, ainsi que 80 % dans le département des décors. Les nouvelles dispositions imposent également le recours à au moins un stagiaire marocain dans chaque spécialité technique liée à la production cinématographique.
Pour les professionnels du secteur, ces nouvelles mesures traduisent un changement majeur dans la philosophie du soutien public au cinéma. L’objectif ne se limite plus au financement des œuvres artistiques, mais s’étend désormais au soutien de l’emploi, à la structuration du marché professionnel et à la valorisation du capital humain marocain.
Les acteurs du secteur soulignent également que le technicien cinématographique constitue aujourd’hui l’un des piliers essentiels de la chaîne de production, compte tenu du rôle stratégique qu’il joue dans les métiers de l’image, du son, de l’éclairage, du montage et des technologies numériques. Le renforcement de sa présence dans les productions soutenues apparaît ainsi comme une étape déterminante pour le développement de l’industrie cinématographique nationale.
Plus encore, plusieurs observateurs estiment que l’expertise marocaine dans les métiers techniques du cinéma a désormais dépassé le stade de l’autosuffisance nationale pour atteindre celui de l’exportation des compétences. De nombreux techniciens marocains participent aujourd’hui à des films et productions audiovisuelles tournés à l’étranger, témoignant du niveau de professionnalisation atteint par les ressources humaines marocaines dans plusieurs spécialités techniques liées à l’industrie cinématographique.
Pour les professionnels, le fait de lier le soutien public à l’emploi des compétences marocaines est de nature à instaurer un nouvel équilibre dans le secteur, à l’heure où le marché cinématographique marocain connaît des mutations profondes et une demande croissante en ressources humaines qualifiées capables de répondre aux exigences des productions modernes.
Ces nouvelles dispositions traduisent enfin une volonté affirmée de construire une industrie cinématographique plus professionnelle, dans laquelle le technicien marocain devient un acteur central de la réussite des productions nationales et internationales, et non plus un simple intervenant secondaire dans la chaîne de fabrication du film.
Dans ce contexte, le soutien public au cinéma semble désormais appelé à jouer un rôle dépassant largement le simple financement des œuvres, pour devenir un véritable levier de structuration, de professionnalisation et de rayonnement de l’industrie cinématographique marocaine aux niveaux régional et international.
Le Maroc poursuit la consolidation de sa position parmi les principales destinations mondiales des productions cinématographiques étrangères, grâce aux réformes juridiques introduites par la loi n°18.23 relative à...
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