Le président russe Vladimir Poutine a fixé dimanche comme « priorité absolue » le développement des forces nucléaires russes, après l’expiration du dernier traité de désarmement avec les Etats-Unis, et promis de continuer à « renforcer » l’armée russe qui combat en Ukraine.« Le développement de la triade nucléaire, qui garantit la sécurité de la Russie et permet d’assurer efficacement la dissuasion stratégique et l’équilibre des forces dans le monde, reste une priorité absolue », a déclaré M. Poutine lors d’une adresse télévisée aux soldats.Dans ce court discours à l’occasion de la Journée du défenseur de la patrie en Russie, M. Poutine a indiqué vouloir poursuivre les efforts visant à « renforcer l’armée et la marine, en tenant compte de l’évolution de la situation internationale, sur la base de l’expérience militaire acquise au cours de l’opération militaire spéciale », le nom donné par les autorités russes à l’offensive en Ukraine.
« Nous allons renforcer de manière qualitative le potentiel de tous les types et genres de forces armées, améliorer leur état de préparation au combat, leur mobilité et leur capacité à agir dans toutes les conditions, même les plus difficiles », a-t-il poursuivi.
Ces propos interviennent à deux jours du quatrième anniversaire de l’offensive russe à grande échelle en Ukraine, lancée le 24 février 2022.
La Russie et les Etats-Unis, les deux principales puissances nucléaires, ne sont plus liées par aucun traité de désarmement à ce sujet depuis l’expiration début février de l’accord New Start.
Malgré la fin de cet accord, Moscou a promis de garder une approche « responsable » et de continuer d’observer les limites imposées à son arsenal.
En l’absence de cadre juridique contraignant, plusieurs analystes estiment que cette situation pourrait fragiliser davantage l’architecture mondiale de contrôle des armements. Ils redoutent notamment une relance d’une course aux armements entre grandes puissances dans un contexte international déjà marqué par de fortes tensions.
De même, face au conflit en Ukraine qui perdure et les relations diplomatiques entre Moscou et Washington, aujourd’hui au plus bas, rendent à court terme, peu probable la négociation d’un nouvel accord global.

