La projection du film marocain « Goundafa », dans le cadre des activités de la sixième journée des Rencontres cinématographiques et numériques de Cotonou, a offert une occasion de rencontre entre le cinéma marocain et le public béninois. Elle a également ouvert un dialogue autour de l’expérience artistique du film et de la capacité des récits cinématographiques à rapprocher les sociétés du continent.
S’exprimant à cette occasion, le comédien Abdelrahim El Maniari a expliqué que sa participation au film avait été motivée par sa dimension humaine et son potentiel artistique, ainsi que par son estime pour le producteur et le réalisateur et sa confiance dans leur vision et dans les conditions qu’ils veillent à réunir pour mener le projet à bien. Selon lui, une relation fondée sur le respect et la compréhension mutuelle donne au comédien la possibilité d’explorer et de proposer, tout en contribuant à une expérience artistique partagée.
El Maniari a précisé que son travail sur le personnage avait consisté à comprendre ses motivations et ses rapports avec son environnement, puis à les traduire à travers la parole, le mouvement et le silence. Son souci était de l’interpréter avec sincérité, tout en laissant au spectateur la liberté de le comprendre et de se forger sa propre appréciation.
Évoquant les défis artistiques de cette expérience, il a souligné l’importance de préserver la justesse du personnage et l’équilibre dans l’expression de ses émotions. Le jeu devant la caméra exige, a-t-il expliqué, une attention particulière aux détails : un regard ou un instant de silence peuvent porter un sens profond lorsqu’ils s’accordent avec le personnage et le rythme de la scène. Il a également insisté sur le rôle du dialogue avec le réalisateur et des échanges avec ses partenaires, chacun contribuant à la cohérence et à la force des scènes.
Pour le comédien marocain, la rencontre avec le public de Cotonou après la projection constitue un beau prolongement de l’expérience de « Goundafa ». Elle lui permet de découvrir différentes lectures du personnage et des questions soulevées par le film. Attentif aux impressions et aux interrogations des spectateurs, il estime que chacun peut s’arrêter sur un aspect du personnage et le rapprocher de sa propre expérience, enrichissant ainsi la compréhension de l’œuvre et les échanges qui suivent sa projection.
Revenant sur la place du film dans son parcours, El Maniari a exprimé son attachement à cette expérience de recherche artistique et de travail collectif. Quelle que soit l’expérience acquise, chaque nouveau personnage demeure, selon lui, une occasion de réexaminer ses outils et d’élargir son regard sur l’être humain. La rencontre avec le public offre, à son tour, un temps d’écoute et de réflexion sur la portée du travail accompli.
Son propos s’est également étendu à la présence du cinéma marocain en Afrique. Il considère que la projection de films marocains dans les pays du continent favorise la connaissance mutuelle et renforce les liens avec l’ancrage africain du Royaume. À travers les récits, les personnages et les détails du quotidien, le public peut découvrir la société marocaine tout en reconnaissant des interrogations et des aspirations humaines communes.
Dans cette perspective, El Maniari a qualifié la rencontre de Cotonou de précieuse occasion de dialogue. Il a souhaité que ces initiatives se poursuivent et que se multiplient les possibilités de diffusion des films marocains et d’échange avec les artistes et les publics des différents pays africains. La projection de « Goundafa », au cours de cette sixième journée, a ainsi donné une place à la réflexion sur la capacité du cinéma à rapprocher les expériences humaines au-delà des frontières.



