Les travaux de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, réunie à New York dans le cadre de sa 81ᵉ session, ont été marqués par de larges débats sur la question du Sahara marocain et sur le soutien international croissant à l’initiative d’autonomie proposée par le Royaume.
Dans ce contexte, le réalisateur et producteur marocain Ahmed Bouchalga a mis en lumière l’essor culturel et la dynamique de développement que connaissent les provinces du Sud du Royaume. Son intervention s’est appuyée sur son expérience personnelle et professionnelle, en tant que fils du Sahara ayant grandi au sein de la culture hassanie, riche de ses traditions orales, de sa musique et de sa poésie.
Lors de son intervention devant les Nations Unies, Bouchalga a souligné que son parcours créatif s’inscrit pleinement dans les transformations que connaissent les provinces du Sud. L’action en faveur de la culture locale est ainsi passée de la préservation du patrimoine à la mise à disposition des créateurs et des jeunes de moyens de production, de formation et de diffusion cinématographique.
Il a expliqué que la protection et la promotion des droits culturels dans les provinces sahariennes trouvent un fondement solide dans la Constitution marocaine, notamment son article 5, qui consacre expressément la préservation de la culture hassanie en tant que composante essentielle de l’identité culturelle marocaine aux multiples affluents.
Il a précisé que cette reconnaissance constitutionnelle s’est traduite par des politiques et des programmes concrets, offrant aux créateurs locaux de réelles possibilités d’expression et de développement.
Chiffres à l’appui, Bouchalga a indiqué que le Centre cinématographique marocain (CCM) consacre, depuis janvier 2015, une enveloppe annuelle de 15 millions de dirhams au soutien à la production de films documentaires consacrés à la culture sahraouie et hassanie.
Malgré son montant limité, ce soutien a eu des retombées positives sur la qualité des œuvres et leur présence dans les manifestations nationales et internationales. Plusieurs films de cinéastes sahraouis ont ainsi remporté des distinctions au Maroc et à l’étranger. Le réalisateur a également évoqué des participations remarquées à des festivals internationaux, notamment le London Arthouse Film Festival, le Festival international du film de Floride en 2006 avec le film « L’Appel — The Call », ainsi que les festivals de Carthage et d’Ismaïlia, entre autres.
Le cinéaste s’est également arrêté sur le rôle majeur joué par la chaîne régionale Laâyoune depuis son lancement en 2004, en tant que pilier de la documentation de la culture hassanie et de la préservation du patrimoine oral. Il a indiqué qu’en 2025 seulement, la chaîne avait assuré quelque 431 heures de production interne, auxquelles s’ajoutent 209 heures de production externe contribuant au soutien des entreprises sahraouies locales spécialisées dans les contenus culturels.
Bouchalga a conclu son intervention en soulignant que cette complémentarité entre reconnaissance constitutionnelle, soutien financier direct et accès aux espaces de diffusion cinématographique et télévisuelle témoigne de la maturité du développement culturel des provinces du Sud du Royaume, dans le cadre de sa dynamique globale de démocratie et de développement.



