La polémique suscitée par la diffusion d’informations concernant le tournage d’un programme intitulé « Dramaturgia » sans autorisation préalable continue d’alimenter le débat au sein des milieux cinématographiques et audiovisuels au Maroc. Selon plusieurs sources concordantes, la porteuse du projet, Zineb Wakrim, serait membre d’une commission de soutien au sein du Centre cinématographique marocain, ce qui confère à cette affaire une dimension particulièrement sensible.
Si ces éléments venaient à être confirmés, il ne s’agirait pas seulement d’une infraction administrative, mais également d’une situation soulevant des interrogations sur l’exemplarité et le respect des règles par des acteurs intégrés au dispositif institutionnel du secteur.
La loi n° 18.23 relative à l’industrie cinématographique et audiovisuelle est pourtant claire : tout tournage d’une œuvre audiovisuelle est soumis à l’obtention préalable d’une autorisation délivrée par l’administration compétente. En cas de non-respect, le législateur prévoit des sanctions dissuasives, notamment :
- une amende pouvant aller de 300 000 à 500 000 dirhams,
- l’interdiction d’exploitation ou de diffusion de l’œuvre concernée,
- la possibilité d’ouverture d’une enquête officielle,
- et, le cas échéant, la saisine du parquet pour engager des poursuites judiciaires.
Au-delà de l’infraction présumée, cette affaire relance une question de fond : la loi est-elle appliquée de manière équitable à l’ensemble des professionnels du secteur ? Plusieurs producteurs et réalisateurs dénoncent depuis des mois des lenteurs administratives et des contraintes importantes pour obtenir des autorisations de tournage, ce qui accentue le sentiment d’injustice lorsque certaines situations semblent échapper à toute rigueur.
Dans ce contexte, la crédibilité du Centre cinématographique marocain se trouve directement mise à l’épreuve. L’institution est aujourd’hui appelée à démontrer sa capacité à garantir :
- la transparence dans le traitement des infractions,
- l’égalité devant la loi,
- et le respect strict des dispositions légales, sans distinction de statut ou de fonction.
Dans l’attente d’une réaction officielle, une interrogation majeure demeure :
le Centre cinématographique marocain appliquera-t-il pleinement la loi 18.23 dans ce dossier, y compris lorsque la personne concernée appartient à l’une de ses propres instances ?
La réponse à cette question sera déterminante pour l’avenir de la gouvernance du secteur, ainsi que pour la confiance des professionnels dans les institutions chargées de l’encadrer.



